Les piliers du village de races au Salon de l’Agriculture

Le salon de l’Agriculture, c’est le Concours Général Agricole réservé à l’élite de nos nationales d’élevages : une manifestation de prestige.

Un autre aspect est le village de races au sein duquel les passionnés passent une ou plusieurs journées et parfois la semaine entière pour y présenter leur race.   Pour certains, c’est un rendez-vous incontournable d’année en année.  Trois d’entre eux ont reçu la médaille du CGA pour des années de présence fidèle.

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    Patricia Boulas , éleveuse de Bergers et de Montagnes des Pyrénées, fêtait cette année son trentième anniversaire de présence au Salon. C’est une passion familiale, elle venait avec ses parents.

    Pourquoi venez-vous ?
    Pour l’ambiance, on se retrouve entre éleveurs et passionnés. On est là pour renseigner sur nos races et ça nous semble important de bien les faire connaitre.

    Qu’est-ce que cela vous a apporté au fil des années ?
    Faire connaitre les races qu’on adore, les bons côtés comme ceux qui peuvent poser problème

    Est-ce que vous avez noté des changements sur les questions des visiteurs et leur approche du chien de race par rapport à il y a 10 ans, 20 ans, 3O ans ?
    Ils sont beaucoup plus au courant. Bien sûr, il y a toujours des visiteurs qui ne connaissent pas.
    Avant les gens avaient un chien. Maintenant, ils comprennent qu’on puisse payer un chien. Beaucoup viennent voir les animaux mais certains viennent voir plus spécifiquement les chiens et se renseigner sur les races ou une race, parler avec les éleveurs. Ce n’est pas la majorité. Beaucoup viennent voir les chiens comme les chevaux ou les vaches.

    Est-ce que vous pensez que la présence au village de race est à même de promouvoir l’image de votre race ?
    Oui sans doute et les absents ont tort. C’est la plus belle occasion de l’année de toucher le public.

    Est-ce que les gens apprécient d’avoir l’opinion des spécialistes que vous êtes ?
    Oui, les gens apprécient d’avoir notre opinion et d’avoir un contact direct avec les chiens. On tombe sur des gens très intéressants dans le public, on est là pour tout le monde. Il y a 2 ans, nous avions eu Gérard Depardieu très tôt le matin

    Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les différents profils que vous avez pu rencontrer ?
    On voit beaucoup d’agriculteurs au niveau des bergers et ils viennent voir nos races pastorales et posent des questions sur le prix des chiots. Autrement le public est très varié.

    Est-ce que vous pensez cette présence aide les éleveurs à vendre leurs chiots ? En règle générale ? ou au niveau de la race ?
    Je ne suis pas sûre dans l’immédiat, plus sur le long terme. Personnellement, je n’en parle jamais d’emblée parce que je veux être sûre de bien placer mes chiots.  Pour la race, c’est bénéfique pour les éleveurs de la race c’est certain, nous   expliquons comment faire pour choisir un chiot. Nous les mettons en garde contre les achats inconsidérés. On oriente les gens sur le club et les autres éleveurs.

    Comment jugez vous les relations que vous avez eu avec la SCC ?
    On est très très bien accueillis, petits cafés et viennoiseries, apéritifs … J’ai trouvé très sympa le stand de la SCC, de pouvoir échanger avec les responsables de la Centrale élus et salariés.

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    Guy Dory, délégué du Spaniel Club et éleveur de Cockers anglais

    Pourquoi venez-vous ?
    Pour représenter mon club, le Spaniel club Français et je m’occupe de trouver les personnes qui viennent pour toutes les races du club.

    Qu’est-ce que cela vous a apporté au fil des années ?
    Des connaissances humaines avec les gens, pouvoir partager ma passion, restaurer la vérité sur nos races (par exemple les cockers golden qui avaient mauvaise réputation). Avant, je venais une journée, maintenant je fais la semaine complète depuis que je suis à la retraite. Le Club me fait confiance pour gérer  les exposants du village pour nos races.

    Est-ce que vous avez noté des changements sur les questions des visiteurs et leur approche du chien de race ?
    Un peu. Depuis quelques années, on voit aussi des gens qui ont acheté en animalerie et sont très déçus. Ils se sont fait avoir sur la qualité du chiot et quand il y a problème ils ne savent pas où se renseigner. Ils paient le chiot aussi cher ou plus cher que chez un éleveur.  On leur promet des papiers qu’ils n’ont jamais. Je leur montre une photocopie d’un pedigree.

    Pensez vous que la présence au village de race est à même de promouvoir l’image de votre race ?
    Je pense que oui, on a des retours, des gens m’appellent plusieurs mois après, ça me semble positif. Beaucoup de chiens veulent des cockers à queue courte. J’ai acheté mon premier à 9 ans en cassant ma tirelire. Je l’avais acheté sur une annonce du chasseur français. Je suis allée en exposition pour exposer mon chien à 11 ans.

    Est-ce que les gens apprécient d’avoir l’opinion des spécialistes que vous êtes ?
    Oui, je pense. On a toujours des réflexions bécasses :  les chiens sont dans des cages, ils n’ont pas de place, ils se couchent ensemble, ce sont des réflexions de gens qui n’ont jamais eu d’animaux et ne savent pas que les chiens adorent s’agglutiner. Là, quelquefois, les explications ne servent à rien.

    Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les différents profils que vous avez pu rencontrer  ?
    Tout public, des gens très chics BCBG, des agriculteurs qui connaissent bien le chien, des banlieusards, …Beaucoup de chasseurs du milieu rural aussi qui viennent avec l’intention d’acquérir un chien et pour se renseigner. Pour le groupe 8, les gens s’intéressent et restent longtemps. Beaucoup disent qu’ils se renseignent pour prendre un chien quand ils seront à la retraite.

    N’est-ce pas trop pesant d’être présent tous les jours ?
    L’accueil de la SCC  est super, les petits jeunes de l’Agro sont vraiment sympas ! Ils m’aident à présenter les chiens. Quelques soucis parfois dans les envois de badge. Mais un bon accueil.  

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    Jacqueline Poissonnet, éleveuse de Briards et de Bearded Collies

    Pourquoi venez-vous ?

    –  Pour faire connaître ma race préférée,  le briard, au grand public.
    –  Pour l’ambiance agréable.
    –  Pour les moments magiques qu’il m’arrive d’y vivre avec de belles rencontres.

    Qu’est-ce que cela vous a apporté au fil des années ?

    –  Beaucoup de plaisir à participer et à partager sur cette magnifique race qu’est le Briard et du bonheur tout simplement.

    Est-ce que vous avez noté des changements sur les questions des visiteurs et leur approche du chien de race ?

    –  Non pas tant que ça. Par contre, les gens que nous rencontrons sont peut-être plus concernés par le chien de race.

    Est-ce que vous pensez que la présence au village de race est à même de promouvoir l’image de votre race ?

    –  Oui, je le pense. De toute façon, ne pas y être présent ne pourra pas faire parler de notre race. Souvent on me dit « On n’en voit plus des briards ! » et je réponds « c’est pour cela que nous sommes là ! »

    Est-ce que les gens apprécient d’avoir l’opinion des spécialistes que vous êtes ?

    –  Je pense que oui. Même s’il arrive de rencontrer des gens qui « connaîtraient « mieux la race que nous. Un visiteur m’a affirmé un jour qu’il y avait des briards à poils ras, qu’il en avait vus quand il était jeune.
    Cette année, des gens qui avaient adopté quelques mois plus tôt à la SPA un Bearded Collie (mon autre race) m’ont posé plein de question sur le caractère, l’entretien du chien. Ils ont bien reconnu leur chien dans mes explications sur le caractère du Bearded.

    Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les différents profils que vous avez pu rencontrer ?

    –  Ceux qui passent tout simplement, et oui c’est normal le chien c’est aussi un look qui interpelle ou pas.
    –  Ceux qui ne connaissent pas la race et posent plein de questions sur le caractère du chien, son mode de vie, son toilettage (et oui le briard fait peur pour le toilettage souvent).
    –  Ceux qui ont eu un briard dans leur jeunesse « tu vois mamie (ou maman) avait un chien comme ça » et qui revivent un instant de bons moments avec leur chien de l’époque.
    –  Ceux qui en ont eu, qui ne peuvent en avoir pour l’instant, mais à les voir là en reprendront un jour. Une dame, une année est même revenue 2 jours différents au salon pour papouiller mes filles et mettre son nez dans le cou d’une pour s’enivrer de son odeur. Elle en pleurait. Ce fut des moments magiques pour elle mais pour moi aussi.
    –  Cette année une dame a vu mes filles et a pleuré. Elle avait eu un briard dans sa jeunesse qui avait de gros problèmes et l’avait bien mordu plusieurs fois avec des cicatrices profondes. Elle s’était dit qu’elle ne pourrait plus jamais voir de briard sans trembler. Elle a vu mes filles calmes et gentilles, elle les a caressées et elle s’est trouvée apaisée. Elle est repartie heureuse de sa rencontre et j’étais aussi heureuse qu’elle se soit réconciliée avec cette belle race.

    Est-ce que vous pensez cette présence aide les éleveurs à vendre leurs chiots ? En règle générale ? ou au niveau de votre race ?

    –  Non, la participation au Village des Races ne fait pas vendre de chien à celui qui expose. Mais en faisant connaître la race, cela ne peut qu’aider tous les éleveurs. Le Village des Races est la plus belle vitrine qui puisse exister, y participer ne peut que promouvoir la race.
    Quand on aime une race il faut se donner de la peine pour la faire connaître.

 

 

 

 

 

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