Moscou : Proche de la perfection ?

Voyage en Russie par Anne-Marie Class

Nous n’étions que deux juges français présents à Moscou pour la Mondiale, Jean-Paul Kerihuel et moi-même. Journées denses comme toujours lorsqu’on juge en Russie, mais organisation proche de la perfection. Un design d’une rare élégance, sans faute de goût, pur, avec le logo du Kennel Club bien mis en valeur et à ses couleurs. Propreté impeccable, on mangerait par terre sans hésiter. L’architecture de l’ensemble est parfaite : rings,  exposants et visiteurs ont chacun une localisation dédiée.    Dans chaque hall, l’allée centrale est réservée aux exposants, les rings sont de part et d’autres de cette allée et les spectateurs sont de l’autre côté et par conséquent jamais gênés  par l’habituel désordre du matériel du parfait exposant. Les éleveurs n’étaient pas pour autant isolés les extrémités de l’allée centrale restaient accessibles sous surveillance, néanmoins.

Jugements retransmis en direct, ring stewards au top, enthousiasme slave à la désignation des vainqueurs, ambiance à la fois très russe et très professionnelle.

Nos juges français avec le président du Kennel Club Russe

Peu d’exposants français, c’était compliqué d’aller jusqu’à Moscou. Aperçu sur le ring d’honneur, Hugues Schuh avec des cockers américains et l’équipe française Eukanuba.

Aventure du « Du rire aux larmes » avec des rebondissements qu’ils n’attendaient pas pour Isabelle et Robert Goetz et leurs Bullterriers.

Leur voyage avait été soigneusement préparé ; après des difficultés pour faire prendre les chiens par Brussel Airline, Switz air line se montrait plus coopératif, direction Moscou avec un couple d’amis parlant Russe et l’appartement loué par l’intermédiaire de rbnb. Installation et … Le grand jour arrive.

Classe Champion Mâle, 20 inscrits, leur mâle, Raven Bulls Master Of Disaster, se classe 4ème. Ça commence bien. Ils ressentent tout à la fois « émotion, satisfaction et déception, un sentiment étrange » disent-ils.

Classe Champion femelle, ils gagnent la classe, puis le CACIB et le BOB. Que de stress ! L’émotion les étreint. Cette chienne, I am the Bitch de l’Empire du Bull est leur production. Le juge suédois, Dan Erikson, leur dit que la chienne est exceptionnelle, ils pleurent de joie.

20160624_131638Puis, ils se lâchent et font la fête toute la nuit.

Vol de retour à 5 heures du matin et douche froide à l’aéroport. La caisse de transport est déclarée trop petite.  Il manque 7 cm, on leur propose de partir le lendemain, d’acheter une caisse avec les bonnes dimensions. Facile ? Sauf que … le  visa se terminait le jour même. L’Ambassade de France était fermée et le consulat débordé par les histoires de chiens. On leur propose alors de laisser les chiens, de rentrer  en France et de revenir les chercher mais pas plus tard qu’une semaine après sans quoi … Douche froide après l’euphorie : larmes et angoisse. Et puis cela  s’arrange, L’Ambassadeur de France leur aurait ouvert l’ambassade pour les abriter jusqu’au visa, puis, on leur propose des cages à acheter pour un prix  exagéré  mais qu’importe. En réalité, la caisse « aux normes » avaient juste 2 cm de plus en longueur. Ils repartent avec leurs deux chiens.

Il leur reste le souvenir d’avoir vécu quelque chose d’à la fois exceptionnel et chaotique. Les applaudissements au moment de la désignation du Meilleur de Race leur laissent un fantastique souvenir.

Portrait