La prévention canine

Les accidents graves liés aux chiens sont rares mais ils font toujours la une de la presse. Si les professionnels savent que les morsures sont très souvent liées à une méconnaissance du comportement normal du chien, il n’en demeure pas moins nécessaire de minimiser les risques en agissant le plus en amont possible. Sélection et éducation sont les maîtres mots de la prévention en la matière.

Un chien est amené à mordre pour trois raisons essentielles : soit il est utilisé par son propriétaire comme un instrument de sa propre violence, soit il réagit à des conduites humaines inadaptées, soit il s’agit d’une agressivité pathologique innée (prédisposition génétique favorisée par la sélection) ou acquise (lorsque le chien souffre de troubles du comportement).

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    Environ 500 000 morsures annuelles déclarées en France1

    Sur les 500 000 morsures déclarées annuellement en France, 60 000 environ nécessitent des soins hospitaliers.

    Les accidents gravissimes sont exceptionnels : 61 % des morsures n’entraînent que des plaies superficielles et ce sont les membres qui sont le plus souvent atteints (47 % concernent les membres supérieurs et 38 % les membres inférieurs). Depuis 20 ans, 33 personnes sont décédées suite à des morsures de chien : 16 cas concernaient des enfants de moins de 5 ans et les enfants de moins de 15 ans représentent deux tiers des cas.

    Dans 75 % des accidents, le chien est connu de la personne mordue : une fois sur deux, il s’agit du chien du foyer. Lorsque c’est un enfant qui est mordu, il s’agit d’une agression par irritation ou par peur dans 47 % des cas : l’enfant a surpris ou dérangé le chien.

  • Les différents niveaux de prévention2

    Si l’on se place du côté des éleveurs et des éducateurs canins au sens large, c’est évidemment sur la sélection, la socialisation des chiots et sur les conseils donnés aux propriétaires que l’on peut travailler le plus efficacement.

    1 – La sélection

    Lorsque l’on vend des chiots au grand public, il faut privilégier la production d’individus amicaux avec l’homme. Les sujets peureux ou agressifs doivent être écartés de la reproduction, quelles que soient leurs autres qualités zootechniques.

    Un éleveur responsable prend en compte le comportement dans son programme de sélection génétique. Il est important de communiquer sur cet aspect des choses et d’encourager les clients à acheter un chiot dans un élevage sérieux. La lutte contre les importations frauduleuses de chiots doit être intensifiée.

    2 – La socialisation

    Mettre les chiots très tôt en contact avec des humains de tout type et de tout âge augmente les chances qu’il soit sociable en toutes circonstances. Cette pratique suppose donc une organisation d’élevage très « ouverte ».

    Il est intéressant de noter les observations faites à propos du comportement des chiots à l’élevage. Cela permet de mieux conseiller l’acheteur quand il choisit un chiot.

    3 – La vente

    On ne vend pas n’importe quel chiot de n’importe quelle race à n’importe qui : un chiot malinois n’a pas le même caractère qu’un épagneul King Charles et ne s’éduque pas de la même façon ! Il est donc essentiel d’expliquer les bases du comportement canin à un client et de l’inciter à réfléchir aux conditions de vie qu’il peut offrir à son futur chien.

    4 – L’éducation

    La parole de l’éleveur doit être relayée par la remise de documents validés par des structures compétentes. L’objectif est de sensibiliser chaque nouveau propriétaire au fait qu’il est responsable du comportement de son chien en  société. Les propriétaires doivent aussi être encouragés à amener leur animal dans une « école du chiot ».

    Conclusion

    En cas de morsure canine, la loi impose au propriétaire (ou à tout professionnel ayant eu connaissance de l’accident dans le cadre de ses fonctions) de la déclarer en mairie. Cette procédure doit être encouragée car une meilleure connaissance des circonstances des accidents peut permettre de mieux agir en conséquence. Il ne sert à rien de vouloir ignorer le problème.

    1 – Lengellé L. Chiens dits dangereux : utilité, limites et failles de la réglementation française. Thèse de Doctorat vétérinaire (Alfort, 2012)

    2 – Académie Vétérinaire de France. Prévention des accidents par morsures canines. Rapport de la Commission « Bientraitance et bien-être animal » (Janvier 2007) ; disponible sur : http://www.academie-veterinaire-defrance.org/fileadmin/user_upload/pdf/avis/morsures.pdf

 

 

 

 

 

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